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Design Thinking : décrypter la pratique quotidienne, organiser des workshops

Dans ce cinquième épisode nous échangeons avec Vincent DROMER (Designer, Facilitateur, Co-fondateur @ Klap.io) et Marie-Anne HAOUR (Innovation Strategist, Coach, Researcher & Facilitator @ Simiya). Ils sont tous les deux spécialisés dans l’usage de la démarche Design Thinking. Les échanges sont animés par Anthony ADAM

Au sommaire de cet épisode 

09:56 • Chapitre 1
Décrypter la pratique.
Avec nos invités nous parlons de leur pratique quotidienne, de leurs réussites et de leurs échecs. 

36:00 • Chapitre 2
Les workshops, un outil au service du collectif. Comment les organiser ? Quel est le rôle et la posture du facilitateur ? 

65:00 • Chapitre 3
Dans ce dernier chapitre nous abordons la question de l’éthique dans le Design Thinking. De plus en plus de monde utilise cette méthode, existe-t-il un risque de la voir détournée ? Comment éviter la “facipulation” ? 

Enregistré en public, chez IronHack Paris, le 26 septembre 2019. 


Chapitre 1 

Les concepts d'agilité en entreprise sont arrivés en France il y a une vingtaine d’années mais ont mis du temps à être compris. Les entreprises sont agiles sur les moments d’idéation mais peinent à le rester pendant les phases de conception. Pour Marie-Anne, la France a toujours été marquée par la culture des écoles d'ingénieurs et de commerce. Ces filières sont organisées en silos et l’univers entrepreunarial qui en émane peine donc à se saisir des méthodes radicalement collaboratives comme le Design Thinking. 

Qu’est-ce qu’une application réussie du Design Thinking ? Pour Vincent, l’exemple classique de l’innovation par l’empathie est celui de la transformation de l'expérience du scanner IRM par GE. Doug Dietz - responsable innovation chez GE Healthcare - utilise la méthode afin de changer l’univers des salles d’imagerie.
Visionnez le TEDx de Doug Dietz : https://youtu.be/jajduxPD6H4 

Chapitre 2 

Le rôle du facilitateur est d’accompagner une équipe dans ses réflexions en proposant différents outils et protocoles pour atteindre un livrable. C’est un catalyseur qui aide à tenir le cap afin de permettre aux participants du workshop de faire exploser leur potentiel. Les ateliers font prendre conscience aux gens de la puissance du Design Thinking, de l'importance de sortir du cadre habituel de pensée pour aller vivre des expériences qui vont provoquer de nouvelles solutions. 

Un workshop nécessite un certain travail de préparation. Il faut connaître les principales contraintes de l'entreprise pour estimer le niveau de livrable qui peut être attendu. Si le travail préparatoire a pour but d’aider le facilitateur, il faut garder à l’esprit que tous les préconçus et hypothèses peuvent être invalidés à tout moment. Comme le veut la maxime d’Eisenhower : "Plan is nothing, planning is everything". 

Chapitre 3 

Comme toute méthodologie qui a le vent en poupe, la pratique du Design Thinking peut rebuter ou être utilisée à mauvais escient. 

Un des cas les plus fréquents concerne les grands groupes qui utilisent cette méthode pour servir l'entreprise plutôt que l’utilisateur. Ce qui oblige un coach ou un facilitateur en Design Thinking à avoir des convictions sur l’application de la méthode au moment de choisir ses projets. 

Face aux sceptiques, Vincent et Marie-Anne rappellent que les principes du Design Thinking sont composés de bon sens qui permettent une relecture d’une situation précise et de produire des solutions concrètes, loin de la posture de type consultant classique.